La Voie des Rois

Tome 1 de The Stormlight Archives

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Rikka, le 1 novembre 2011 à 18h49

Attention, chef d’œuvre à l’horizon ! coeur

C’est ce que j’ai pu ressentir à la fermeture de ce premier opus d’une saga qui s’annonce conséquente. The Stormlight Archive va, de mon point de vue, très certainement marquer l’univers Fantasy à l’image d’un Trône de Fer, d’une Roue du Temps,…

Afin d’expliquer pourquoi un tel ressentiment, revenons un peu sur le récit en lui-même, l’univers dans lequel il s’inscrit, les personnages qu’il met en jeu, les questions qu’il soulève, les promesses qu’il nous offre smile

The Way of Kings, c’est tout d’abord un objet à part entière, une œuvre graphique et collector, ponctuée de magnifiques illustrations divers et variées surtout axées sur la faune et la flore locale, mais également quelques gravures anciennes, des pages gribouillées, des schémas esquissés, de sorte à nous donner, à nous lecteur, l’impression délicieuse de tenir entre nos mains avides un authentique carnet de voyage/livre d’époque  beuh  yikes  Outre cela, l’auteur nous offre également de très belles cartes colorées en début et fin d’ouvrage, ainsi qu’une reliure très travaillée. Bref, si l’on devait s’imaginer l’ouvrage Fantasy dans toute sa splendeur, vous le tiendriez alors entre vos doigts. L’immersion n’en est que plus facilitée  big_smile

Quelque mot de l’univers ensuite. Roshar est un monde pour le moins singulier, pour ne pas dire étrange sur certains aspects, qui ne manquera pas de vous dérouter sur un premier abord. Les paysages sont fait de roches torturées, de grands espaces qui tendent à la démesure et se voient régulièrement ravagés par de violentes tempêtes. Ces dernières, outre leur aspect dévastateur, représentent toutefois la clé de l’univers bâti par Sanderson, apportant la vie par l’eau qu’elles déversent, et la magie via ce curieux Stormlight (que l'on pourrait traduire par : lumière des tempête) lequel permet de « recharger » des sphères garnies de joyaux, sphères qui représentent à la fois une monnaie d’échange, une source de lumière et d’énergie et qui peuvent également se voir utilisées pour générer toutes sortes d’artifices comme autant de technologies créées par l’inventivité des hommes ou des Dieux.

Au sein de ce monde d’apparence aride, la nature foisonne pourtant, contrainte à de multiples et ingénieuses adaptations pour se protéger de l’ardeur des vents. Ainsi, se dévoilent sous nos yeux des plantes étranges, aux feuilles multicolores qui se rabattrons ou se rétracteront au moindre contact pour mieux se protéger, à l’image d’une herbe verte qui disparaitra dans le sol lorsqu’une moindre pression s’effectuera sur son extrémité. La faune profuse également, souvent représentée par des mammifères à carapaces, parfois proches des crustacés, de tailles profondément variables, qui ont eux même développé tout un ensemble de techniques pour s’adapter à cet environnement hostile. Ajouté à ces êtres d’apparence repoussante se meuvent des formes translucides et lumineuses, adoptant des apparences multiples et variées : les « sprens ». Objet d’un véritable questionnement, leur existence ne semble pourtant pas remise en cause par les habitants de ce monde qui les lient à toutes sortes de phénomènes, allant de la peur, la souffrance vers la joie, la musique, ou bien le feu, le vent… la mort imminente. Vous l’aurez peut-être deviné, au milieu de tout cela, l’homme dénote, semblant être l’engeance d’un passé lointain, alors que le climat ne connaissait pas encore ces orages dévastateurs, à l’origine de la modification de tout un écosystème dont l’être humain apparait comme le seul survivant. Ne vous y trompez point, on ne fait que survoler les eaux abyssales symbole de la complexité de l’univers ici mis en place.

Une fois ce décor pour le moins… singulier de planté, abordons un peu le contenu même de l’histoire. Avant de rentrer plus dans le détail, je commencerai par évoquer ce que le lecteur peut ressentir lorsqu’il ose s’introduire au sein de cette fresque bouillonnante. En effet, pour avoir lu la quasi-totalité des précédentes parutions de Sanderson – et je pense que ceux qui se situent dans le même cas pourront confirmer – on sent immédiatement que cette œuvre-ci dénote. Certes, on retrouve le style de l’auteur, cette manière tellement personnelle qu’il a de bâtir une histoire, de choisir ses sujets de prédilection, mais outre cela, l’impression qui domine reste celle de la liberté d’écriture. C’est un peu comme si, dans ses ouvrages précédents, Sanderson contenait la folie qui rugissait en lui, maitrisait sa frénésie compulsive alors qu’ici même, rien de tout cela, la bride est lâchée, l’auteur se déchaine mais surtout, se fait plaisir, et ça se ressent. Il avouait lui-même n’être vraiment pas doué dans les œuvres courtes, et si cette affirmation pouvait provoquer quelques sourires chez l’assistance, cette même assistance assidue se rendra compte de la différence avec The Way of Kings. C’est une des choses qui me fait dire que cet auteur va marquer durablement de son empreinte le vaste genre de la Fantasy tant on sent à la lecture qu’il maitrise son sujet, mettant en exergue un complot complexe générant toujours plus de questions habilement introduites qui peu à peu, formeront un tout cohérent pour un final explosif en bouche. Se déroule ainsi sous nos pieds un chemin infini sur lequel nous avançons tranquillement avec la possibilité de se repaitre jusqu’à satiété du paysage. Une sorte de maxi-Fils-des-Brumes en quelque sorte (bien que rien ne les rapproche en quelques termes que ce soit).

Oups… à la relecture, il semble je m’appesantis un peu trop…  siffle  L’histoire donc !  ironique  Le thème pourrait être celui des conséquences d’un passé oublié, transformé au gré des croyances, des légendes, des contes, rumeurs, des ellipses volontaires sur certains évènements trop douloureux, un aveuglement conscient peu à peu oublié, dont quelques bribes persistent de la bouche même des mourants, alors que les ténèbres pourraient bien ressurgir, plus sombres que jamais. Au milieu de cela se tiennent un homme brisé par le destin ayant perdu toute raison de vivre et une jeune fille arrachées à son existence de recluse pourtant bien déterminée à se trouver une place dans ce monde tumultueux. Outre ces 2 protagonistes, nous suivons également d’autres personnages dont la place est tout aussi importante, à l’image de Jasnah, l’hérétique et mystérieuse sœur de l’actuel souverain, de Dalinar Kholin, frère du Roi défunt en quête de réponses qu’il ne sait où obtenir, soulevant avec lui des questions existentielles qui menacent de bouleverser l’ordre établi ou bien encore Sezth, l’assassin en blanc prisonnier de son destin qui vomi son être tout en se révélant incapable de maitriser sa véritable nature. Enveloppant tout cela, un savant dosage de complots politiques, guerres plus épiques que jamais, actes de courage qui sauront faire bouillir vos tripes et rougir vos yeux, des réflexions profondes mettant en jeu l’honneur, la place du destin, celle du libre-arbitre, de la religion – sujet oh combien cher à Sanderson – voire celle de l’amour et de la perte.


Ce livre demeure donc, malgré sa longueur, passionnant de bout en bout, offrant au lecteur avide de découvertes un univers tellement riche qu’il en devient délicat à appréhender, des personnages minutieusement exposés, touchant de sincérité, une réflexion témoin d’une grande sagesse qui vous guidera sans pour autant vous imposer une quelconque manière d’appréhender les choses, mais vous amenant plutôt à questionner des acquis pour se forger, au gré de nos sensibilités, une option propre, résultat d’une profonde réflexion intrinsèque. De mon point de vue, cette œuvre est ainsi aboutie, soignée dans les moindres détails, comme la promesse d’une véritable fresque en attente d’être peinte par un artiste de talent.

9 livres de prévus à la suite de ce 1er opus, de quoi effrayer le lecteur dont la patience ne fait pas partie des préceptes… Chose qui se comprend entièrement, toutefois, il serait dommage d’oublier cette œuvre pour cette unique raison. C’est un délice sous le palais que je conseille plus que vivement à tout un chacun, même si ce n’est pas dans un futur proche smile

François, le 28 septembre 2011 à 11h10

Reçu quelques jours après sa sortie américaine, l'ouverture du livre m'a offert une excellente première impression. La finition du livre (relié) est très soignée, et il comporte un certains nombre d'illustrations en introduction de chapitre, croquis de faune et flore, gravure ou cartes qui nous permettent de nous immerger encore plus dans cet immense univers. Les cartes en début et fin de livres sont d'ailleurs en couleurs.


Le prologue est à la fois très immersif et très déroutant. Une partie de prologue nous plonge directement au coeur de l'action, en nous présentant l'évènement dont va dépendre le reste de l'histoire ainsi qu'une partie du système de magie qui régit ce monde, aiguisant notre curiosité au plus haut point. L'autre partie est plus complexe à saisir car il nous manque des éléments pour tout comprendre. Je ne doute pas que les explications arriveront au fil des tomes.

Mais une fois passé ce prologue et que nous plongeons dans le coeur du sujet, dans le "présent" de l'histoire, tout se déroule sous nous yeux sans accroc, et l'on ne veut plus quitter les personnages qui nous sont présentés.


Le fait de suivre différents personnages en fonction des chapitres n'est pas du tout dérangeant, car contrairement à d'autres auteurs (comme P.F. Hamilton en SF), il y a assez peu de personnages principaux, et les chapitres alternent presque toujours de personnages, nous permettent de ne pas les perdre de vue trop longtemps.

Cette façon de faire permet d'avoir plus de points de vue et de nous rendre dans d'autres lieux, un bon point non négligeable comparé à d'autres cycle comme celui de l'Épée de Vérité, où il est rare que l'on s'éloigne du héros et que l'on ressente les impressions des autres personnages.


Les particularités autant magiques que politiques ou géologiques sont bien amenées et n'en paraissent que plus réelles, facilitant d'autant plus l'immersion au sein de cet univers. On y retrouve ce qu'il faut d'éléments familiers pour ne pas être trop perdu, pour avoir un référentiel, tout en y ajoutant ce qu'il faut pour s'évader et le rendre unique.

L'histoire est bien mené, bien qu'elle semble parfois un peu "lente", mais c'est le lot commun des début de cycles de fantasy, qui sont plus fait pour pauser les bases que pour répondre à toutes les questions que l'on peut se poser sur l'intrigue, le passé des personnages ou certaines particularités de l'univers wink.


The Way of Kings est le premier livre de Brandon Sanderson que j'ai lu, et malgré un début un peu "difficile", il m'a enchanté et donné très envie de découvrir ses autres oeuvres, bien qu'elles soient différentes de l'énorme cycle que va être "the Stormlight Archives" smile. Vivement sa suite, ainsi que sa sortie française pour le redécouvrir sous un autre jour.