Coeur d'Acier

Tome 1 de Coeur d'Acier

1er chapitre

J'ai vu Steelheart saigner.

C'est arrivé il y a dix ans, j'en avais huit. Mon père et moi étions à la First Union Bank sur Adams Street. Nous utilisions les anciens noms de rue à cette époque, avant l'Annexion.

La banque était énorme. Une pièce unique ouverte avec des piliers blancs entourant un sol de mosaïque, de larges portes à l'arrière qui conduisent plus profondément dans le bâtiment. Deux larges portes tournantes ouvrent sur la rue, avec un ensemble de portes plus conventionnelles sur le côté. Des hommes et des femmes entrent et sortent, comme si cette pièce était le coeur d'une sorte d'énorme bête, pulsant d'un sang de personne et d'argent.

Je me suis assis sur une chaise bien trop grande pour moi, à regarder le flot de personnes. J'aimais regarder les gens. Les différentes formes de visage, les coupes de cheveux, les habits, les expressions. Il y avait tant de variété à cette époque. C'était excitant.

"David, retourne-toi s'il te plait" me dit mon père. Il avait une voix douce. Je ne l'ai jamais entendu l'élever, si on oublie cette fois à l'enterrement de ma mère. Cela me fait encore frissonner de penser à son désespoir  ce jour-là.

Je me suis retourné. Nous étions sur le côté de la pièce principale, dans l'un des cubes où travailles les employés des hypothèques. Notre cube avait des murs en verre, ce qui les rendait moins confinées, mais cela faisait toujours faux. Il y avait des photos de famille encadrées de bois sur les murs, une tasse de bonbons bon marché avec un couvercle en verre sur le bureau et un vase avec des fleurs en plastiques fades sur les classeurs.

C'était l'imitation d'une maison confortable. Un peu comme l'homme en face de nous qui arborait une imitation de sourire.

"Si nous avions plus de garanties..." dit l'homme, montrant ces dents.

"Tout ce que je possède est ici" dit mon père, montrant le papier sur le bureau devant nous. Ses mains étaient épaisses et calleuses, sa peau tannées par les journées passées à travailler au soleil. Ma mère aurait grimacé si elle l'avait vu aller à un rendez-vous important comme celui-ci en portant son jeans de travail et un vieux T-Shirt avec un personnage de Comic Book dessus.

Il s'était tout de même peigné, même s'il commençait à perdre ses cheveux. Il ne s'inquiétait pas autant que les autres hommes. "Cela signifie moins de coupes de cheveux, Dave" qu'il me disait, riant tout en passant ses doigts à travers ses cheveux vaporeux. Je ne lui faisais pas remarquer qu'il avait tort. Il aurait toujours autant de coupes de cheveux à faire tant que tous ses cheveux ne seraient pas tombés.

"Je ne crois pas pouvoir faire quoi que ce soit" dit le banquier. "On a du vous le dire avant".

"L'autre homme disait que ce serait suffisant" répondit mon père, ses grandes mains jointes devant lui. Il semblait soucieux. Très soucieux.

Le banquier continuait juste de sourire. Il tapotait la pile de papier sur le bureau. "Le Monde est un endroit bien plus dangereux maintenant, Mr Charleston. La banque a décidé de ne pas prendre de risques".

"Dangereux ?" demanda mon père.

"Et bien, vous savez, les Epics..."

"Mais ils ne sont pas dangereux", dit passionnément mon père. "Les Epics sont là pour nous aider".

Pas encore, ai-je pensé

Le sourire banquier a finalement disparu, comme s'il était surpris par le ton de mon père.

"Vous ne voyez pas ?" dit mon père en se penchant en avant. "Les temps ne sont pas dangereux. Ils sont merveilleux !"

Le banquier secoua sa tête. "Votre précédente maison n'a-t-elle pas été détruite par un Epic?"

"Là où il y a des méchants, il y a des héros" dit mon père."Attendez un peu. Ils vont venir".

Je le croyais. Beaucoup de personnes pensaient comme lui à cette époque. Cela ne faisait que deux ans depuis que Calamity était apparue dans le ciel. Un an depuis que les hommes commençait à changer. Se transformant en Epic - presque comme les super-héros des histoires.

Nous étions encore plein d'espoir. Et ignorant.

"Bien", dit le banquier. Joignant ses mains sur la table devant un cadre montrant des photos d'enfants ethniques. "Malheureusement, nos assureurs ne sont pas d'accord avec vos propos. Vous allez devoir..."

Ils continuaient de parler, mais je ne leur prêtais plus attention. Je laissais mes yeux revenir en arrière vers la foule, puis me retournait à nouveau, à genoux sur la chaise. Mon père était trop absorbé par la conversation pour me réprimander.

J'étais donc en train d'observer quand l'Epic est entré dans la banque. Je l'ai remarqué immédiatement, bien que personne d'autre ne semble lui prêter plus d'attention. Beaucoup de personnes disent qu'on ne peut pas distinguer un Epic d'un homme ordinaire avant qu'il ne commence à utiliser ses pouvoirs, mais ils ont tort. Les Epics se conduisent différemment. Ce sentiment de confiance, cette subtile autosatisfaction. J'étais toujours capable de les reconnaître.

Même en tant que gamin, je savais qu'il y avait quelque chose de différente chez cet homme. Il portait un costume noir de style détendu avec une fine chemise beige, mais pas de cravate. Il était grand et maigre, mais costaud, comme beaucoup d'Epic le sont. Musclé et tonique d'une telle façon qu'on peut le voir même sous des vêtements amples.

Il s'est avancé jusqu'au centre de la pièce. Des lunettes de soleils pendaient de la poche sur la poitrine, et il souriait quand il les a mises. Puis, il a levé un doigt, qu'il a pointé d'un mouvement désinvolte en direction d'une femme qui passait.

Elle fut vaporisée en poussière, ses vêtements s'enflammant, son squelette tombant en avant, cliquetant sur le sol. Ses boucles d'oreilles et son alliance restèrent intact également. Elles heurtèrent le sol avec un "Ping" distinct que je pu entendre malgré le bruit ambiant.

La pièce devint silencieuse. Les gens se figèrent, horrifiés. Les conversations se turent, si ce n'est le banquier qui continue à sermonner mon père.

Il s'arrête finalement lorsque les cris commencèrent.

Je ne me rappelle pas de ce que j'ai ressenti, n'est-ce pas étrange ? Je peux me rappeler la lumière, ces magnifiques lustres là-haut, saupoudrant la pièce de lumières réfractée. Je me souviens l'odeur de citron et d'ammoniaque du sol récemment nettoyé. Je me suis souviens trop bien des cris perçant de terreur, la folle cacophonie alors que les gens se ruent vers les portes.

Encore plus clairement, je me souviens de l'Epic arborant un large sourire, grimaçant presque, tandis qu'il pointait du doigt les gens qui passent, les réduisant en cendres et os d'un simple geste.

J'étais pétrifié. J'étais peut-être en état de choc. Je m'accrochais au dossier de ma chaise, à regarder le massacre les yeux écarquillés.

Certaines personnes proches des portes purent s'échapper. Toutes personnes passant trop près de l'Epic moururent. Plusieurs clients et employés s'entassaient en semble sur le sol ou cachés derrières les bureaux. Etrangement, la pièce devenait tranquille. L'Epic se tenait come s'il était tout seul, des morceaux de papier flottant dans l'air, des os et des cendres noirs dispersées sur le sol autour de lui.

"On m'appelle Deathpoint" dit-il. "J'admet que ce n'est pas le nom le plus intelligent. Mais je le trouve mémorable." Sa voix était étrangement calme, comme s'il discutait avec des amis autour d'un verre.

Il commençait à se promener dans la pièce. "Une pensé m'est venue ce matin", dit-il. La pièce était assez grande pour générer de l'écho. "J'étais sous la douche et ça m'a frappé. Je me suis demandé... Deathpoint, pourquoi va-t-il cambrioler une banque aujourd'hui ?"

Il pointa paresseusement deux gardes de sécurité qui émergeaient d'un couloir latéral, juste derrière les cubes des hypothèques. Les gardes se transforment en poussière, leurs badges, boucles de ceintures, pistolets et os heurtent le sol. Je peux entendre leurs os s'entrechoquer alors qu'ils tombent. Il y a beaucoup d'os dans un corps humain, plus que je ne peux le réaliser, et ils forment un sacré foutoir quand ils se dispersent. Un étrange détail à remarquer pour cette horrible scène. Mais je me souviens parfaitement.

Une main serra mon épaule. Mon père s'était abaissé sur sa chaise et essayai de me tirer vers le bas, pour empêcher l'Epic de me voir. Mais je ne voulais pas bouger, et mon père ne pouvait m'y forcer sans faire une scène.

"Je planifie ça depuis des semaines, voyez-vous" dit l'Epic. "Mais l'idée ne m'est venue que ce matin. Pourquoi ? Pourquoi cambrioler la banque ? Je peux tout avoir ! C'est ridicule." Il surgit au coin d'un mur, faisant sursauter la caissière qui s'y trouvait.

"L'argent n'a pas de valeur pour moi, voyez-vous" dit l'Epic. "Complètement sans valeur". Il pointe. La femme se transforme en cendre et en os.

L'Epic pivote, pointant différents endroits de la pièce, tuant des gens qui tentaient de s'enfuir. Finalement, il me pointe directement.

Je ressenti finalement une émotion. Un pic de terreur.

Un crane heurte le bureau derrière nous, rebondissant et éparpillant des cendres tandis qu'il tombait sur le sol. L'Epic ne me visait pas, mais le banquier qui se cachait derrière le bureau derrière moi. Essayait-il de s'enfuir ?

L'Epic se retourna vers les caissiers derrières le comptoir. La main de mon père était toujours accrochée à mon épaule, tendue. Je pouvais ressentir son inquiétude pour moi comme si elle était physique, remontant de son bras vers le mien.

Je ressentis alors de la terreur. Une terreur pure, imobilisante. Je me recroquevillai sur ma chaise, gémissant, tremblant, essayant de bannir l'image de ces terribles morts de mon esprit.

Mon père retira sa main. "Ne bouge pas" articula-t-il.

J'hochais la tête, trop effrayé pour faire autre chose. Mon père regarda derrière sa chaise. Deathpoint discutait avec l'un des caissiers. Bien que je ne puisse pas le voir, je pouvais entendre les os tomber. Il les exécutait les uns après les autres.

L'expression de mon père s'assombrit. Puis il regarde dans un couloir latéral. S'échapper ?

Non. C'est là que les gardes étaient tombés. Je pouvais voir à travers le mur vitré du cube l'endroit où étaient tombées leurs armes, enfouies sous la cendre, la poignée reposant sur leur cage thoracique. Mon père le regardait. Il faisait partie de la Garde Nationale étant jeune.

"Ne fait pas ça" pensai-je, paniqué. "Papa, non !" Je ne pouvais prononcer ces mots. Mon menton tremblait alors que je tentais de parler, comme si j'avais froid et que je claquais des dents. Et si l'Epic m'entendait ?

Je ne pouvais pas laisser mon père faire une folie pareille ! Il était tout ce que j'avais. Pas de maison, pas de famille, pas de mère. Alors qu'il se me mettait en mouvement, je me forçais à bouger et à attraper son bras. Je secouais la tête, essayant de penser à quelque chose qui pourrait l'arrêter. "S'il te plait", parvins-je à murmurer. "Les héros. Tu disais qu'ils allaient venir. Laisse-les le stopper".

"Parfois, fils", me dit mon père, libérant mes doigts, "tu dois aider les héros".

Il regarda Deathpoint, puis se faufila dans la pièce suivante. Je retins mon souffle et regardait très précautionneusement derrière ma chaise. Je devais savoir. Bien que recroquevillé et tremblant, je devais voir.

Deathpoint sauta par-dessus le comptoir et atterri de l'autre côté, notre côté. "Et donc, cela importe peu" dit-il, parlant toujours sur le ton de la conversation. "Cambrioler une banque me donnera de l'argent, mais je n'ai pas besoin d'acheter les choses". Il leva un doigt meurtrier. " Une énigme. Heureusement, sous ma douche, j'ai réalisé quelque chose d'autre : tuer quelque à chaque fois que vous voulez quelque chose peut être extrêmement gênant. Ce que je dois faire, c'est effrayer tout le monde, en leur montrant mon pouvoir. De cette façon, dans le futur, plus personne ne me refusera ce que je souhaite prendre."

Il bondit autour d'un pilier de l'autre côté de la banque, surprenant une femme tenant son enfant. "Oui", continua-t-il, " cambrioler une banque pour de l'argent serait inutile - mais montrer ce que je peux faire. C'est très important. Je vais donc continuer mon plan." Il pointe, tuant l'enfant, laissant la femme horrifiée tenant une pile d'os et de cendre. "N'êtes-vous pas heureuse ?".

J'en restais bouche bée, la femme terrifiée essayant de tenir la couverture serrée, les os de l'enfant remuant et glissant. A ce moment, tout devint bien trop réel pour moi. Horriblement réel. Je ressentis une soudaine nausée.

Deathpoint était de dos.

Mon père rampa hors du cube et attrapa le pistolet. Deux personnes cachées derrière un pilier proche se dirigèrent vers la porte, bousculant mon père au passage dans leur hâte, le faisant presque tomber.

Deathpoint se retourna. Mon père était toujours à genou, essayant de lever le pistolet, les doigts glissant sur métal couvert de cendre.

L'Epic leva la main.

"Qu'est-ce que tu fais là" tonna une voix.

L'Epic pivota. Moi de même. Je penser que tout le monde du se retourner en direction de cette profonde et puissante voix.

Une silhouette se tenait sous la porte donnant sur la rue. Il était à contre-jour, une simple silhouette à cause du brillant soleil qui brillait derrière lui. Une silhouette étonnante, herculéenne, impressionnante.

Vous avez probablement vu des photos de Steelheart, mas laissez-moi vous dire que ces photos sont insuffisantes. Aucune photo, vidéo ni peinture ne pourra jamais représenter cet homme. Il porte du noir. Une chemise tendue sur sa poitrine inhumainement large et forte. Un pantalon large, mais pas un baggy. Il ne porte pas de masque, comme d'autre Epic récent le font, mais une magnifique cape argentée flottait derrière lui.

Il n'avait pas besoin d'un masque. Cet homme n'avait pas de raison de se cacher. Il écarta les bras, et un vent se leva, ouvrant les portes autour de lui. Les cendres s'éparpillèrent sur le sol et les papiers s'envolèrent. Steelheart s'éleva dans les airs de quelques centimètres. Il se mit à glisser en avant dans la pièce. Les bras comme des poutres d'acier, les jambes comme des montagnes, le cou comme un tronc d'arbre. Il n'était pas volumineux ni encombrants. Il était majestueux, avec ses cheveux noir de jais, sa mâchoire carré, un physique impossible et une carrure de près de deux mètres.

Et ces yeux. Intenses, exigeants, sans concession.

Pendant que Steelheart vole gracieusement dans la pièce, Deathpoint leva son doigt et le pointa sur lui. La chemise de Steelheart grésilla sur une petite section, comme une cigarette que l'on aurait posée sur un vêtement, mais il ne montra aucune réaction. Il flotta jusqu'au bas des marches et atterri doucement sur le sol à une courte distance de Deathpoint, son énorme cape se posant autour de lui.

Deathpoint le visa de nouveau, l'air frénétique. Un nouveau maigre grésillement. Steelheart s'approchant du plus petit Epic, le dominant.

Je savais que c'était le moment que mon père attendait. C'était le héro que tout le monde espérait voir venir, le héro qui compenserait les autres Epic et leur mauvais choix. L'homme qui nous sauvera.

Steelheart se pencha, attrapant Deathpoint qui tentait de s'échapper. Deathpoint remua, ses lunettes de soleil claquant sur le sol, soufflant de douleur.

"Je t'ai posé une question", dit Steelheart d'une voix telle un coup de tonnerre. Il retourna Deathpoint pour le regarder dans les yeux. "Qu'est-ce que tu fais ici ?"

Deathpoint tremblait. Il semblait paniqué. "Je... Je..."

Steelheart leva son autre main, levant un doigt. "J'ai revendiqué cette ville, petit Epic. C'est la mienne." Il s'arrêta. "Et c'est mon droit de dominer les personnes ici, pas le tien".

Deathpoint pencha la tête.

"Quoi", me dis-je.

"Tu sembles avoir de la force, petit Epic" dit Steelheart, regardant les ossements éparpillés dans la pièce. "Je vais accepter ta soumission. Donne ma ta loyauté ou meurt".

Je ne pouvais pas croire les mots de Steelheart. Ils m'assommèrent aussi profondément que les meurtres de Deathpoint.

Ce concept - le servir ou mourir - deviendra le fondement de son règne. Il regarda autour de lui et parla d'une voix tonitruante. "Je suis l'Empereur de cette ville maintenant. Vous allez m'obéir. Je possède cette terre. Je possède ces buildings. Quand vous payez des taxes, elles me reviennent. Si vous désobéissez, vous mourrez".

Impossible pensais-je. Pas lui aussi. Je ne pouvais pas accepter cet être incroyable était comme les autres.

Je n'étais pas le seul.

"Ce n'est pas supposé se passer comme ça" dit mon père.

Steelheart se retourna, apparemment surpris d'entendra quelque chose venant des couards de la pièce, péons gémissants.

Mon père s'avança, le pistolet pointé vers le bas. "Non" dit-il. "Vous n'êtes pas comme les autres. Je peux le voir. Vous meilleur qu'eux." Il s'avance, s'arrêtant à quelques pas seulement des deux Epics. "Vous êtes là pour nous sauver".

La pièce était silencieuse, excepté les pleurs de la femme qui tenait encore les restes de son enfant mort. Elle devenait folle, essayant vainement de rassembler les ossements pour ne pas laisser ne serait-ce qu'une petite vertèbre sur le sol. Sa robe était couverte de cendres.

Avant que l'un des Epic ne puisse répondre, les portes latérales s'ouvrirent brutalement. Des hommes en armures noires et avec des armes d'assaut entrèrent dans la banque et ouvrirent le feu.

A cette époque, le gouvernement n'avait pas encore abandonné. Ils essayaient toujours de combattre les Epic, de les soumettre aux lois des mortels. Il est clair depuis le début qu'avec les Epics, vous ne pouviez pas hésiter ni négocier. Vous entrez avec des coups de feu et vous espérez que l'Epic que vous affrontez peut être tué avec des balles ordinaires.

Mon père bondit en courant, ses anciens instincts de combat le poussant à s'adosser au pilier proche de l'entrée de la banque. Steelheart se tourne, un regarde perplexe sur le visage, tandis qu'une vague de balles filait autour de lui. Elles rebondirent sur sa peau, déchirant ses vêtements mais le laissant complètement indemne.

Les Epics tels que lui furent ce qui força les Etats-Unis de promulguer le Capitulation Act qui offre une immunité complète aux Epics. Les coups de feu ne peuvent pas blesser Steelheart - roquettes, chars, les armes les plus avancées des hommes ne peuvent pas le blesser. Même si on arrivait à le capturer, la prison ne peut pas le retenir.

Le gouvernement à finalement déclaré les hommes tels que Steelheart "forces de la natures", tels que les ouragans ou les tremblements de terre. Essayer de dire à Steelheart qu'il ne peut pas prendre ce qu'il veut est aussi vain que de passer une loi pour interdire au vent de souffler.

Dans cette banque ce jour-là, j'ai vu de mes propres yeux pourquoi tant de personnes ont décidés de ne plus se battre. Steelheart leva la main, de l'énergie commença à briller autour d'une douve lumière jaune. Deathpoint se cacha derrière lui, à l'abri des balles. Contrairement à Steelheart, il semblait craindre les coups de feu. Tous les Epics ne sont pas imperméables aux balles, seulement les plus puissants.

Steelheart relâcha un sursaut d'énergie jaune-blanche de sa main, vaporisant un groupe de soldats. Le chaos suivit. Les soldats esquivèrent pour se mettre à couvert là où ils le peuvent, la fumée et les morceaux de marbre emplissaient l'air. L'un de soldats tira une sorte de fusée avec son fusil et tira sur Steelheart, qui continuait à exploser ses ennemis à coup d'énergie, pour frapper l'extrémité arrière de la banque, soufflant la porte du coffre.

Des billets enflammés explosèrent vers l'extérieur. Des pièces volèrent dans les airs et s'éparpillèrent au sol.

Hurlements. Cris. Folie.

Les soldats mouraient rapidement. Je continuai à me blottir sur ma chaise, les mains pressées contre mes oreilles. Tout était trop fort.

Deathpoint se tenait toujours derrière Steelheart. Et alors que je le regardais, il a souri et levé sa main pour atteindre le cou de Steelheart. Je ne savais pas s'il qu'il avait l'intention de faire. Il est probable qu'il ai un second pouvoir. La plupart des Epic aussi vort que lui en possède souvent plus d'un.

C'était peut-être suffisant pour tuer Steelheart. J'en doutais, mais de toute façon nous allions bien voir.

Un simple pop résonna dans l'air. L'explosion avait été si forte qu'elle m'avait abasourdi au point de ne plus reconnaître le son d'un coup de feu. Alors que la fumée de l'explosion se dégageait, je pouvais voir mon père. Il se tenait à une courte distance devant Steelheart, le bras levé, son dos contre le pilier. Il arborait une expression déterminé sur son visage et tenait le pistolet pointé sur Steelheart.

Non. Pas sur Steelheart. Sur Deathpoint, qui se tenait juste derrière lui.

Deathpoint s'effondra, une balle dans le front. Mort. Steelheart se retourna brusquement, regardant le petit Epic. Puis il se retourna vers mon père et leva sa main vers son visage. Là, sur la joue de Steelheart, juste sous son œil, était une ligne de sang.

Au début, je pensais que ce devait être celui de Deathpoint. Puis, quand Steelheart l'essuya, elle continua à saigner.

Mon père avait tiré sur Deathpoint, mais la balle avait d'abord passé devant Steelheart, et l'avait effleuré au passage.

Cette balle avait blessé Steelheart, alors que celles des soldats avaient rebondi sur lui.

"Je suis désolé" dit mon père, l'air anxieux. "Il allait vous atteindre. I..."

Les yeux de Steelheart devinrent immenses, et il leva la main devant lui, regardant son propre sang. Il semblait complètement abasourdi. Il regarda la voute derrière lui, puis mon père. Dans la fumée et la poussière, les deux silhouettes se tenaient l'une devant l'autre, l'une massive, majestueux Epic, et l'autre petit homme sans abri portant un stupide T-Shirt et un jeans usés.

Steelheart bondit en avant à une vitesse fulgurante et frappa d'une main contre la poitrine de mon père, l'écrasant contre le pilier de pierre blanche. Ses os se brisèrent, et du sang coula de la bouche de mon père.

"Non", criai-je. Ma propre voix me paraissait étrange à mes oreilles, comme si j'étais sous l'eau. Je voulais courir vers lui, mais j'avais trop peur. Je repense encore à ma lâcheté de ce jour-là, et ça me rend malade.

Steelheart s'avança sur le côté, prenant le pistolet que mon père avait fait tomber. La fureur brulant dans ses yeux, Steelheart pointa le pistolet directement sur la poitrine de mon père, puis tira un seul coup sur l'homme déjà tombé.

Il fait ça. Steelheart aime tuer les gens avec leur propre arme. C'est devenu l'une de ses marques de fabrique. Il possède une force incroyable et peut tirer des coups d'énergie avec ses mains. Mais quand vient le moment de tuer quelqu'un qu'il juge digne d'une attention spécial, il préfère utiliser son arme.

Steelheart laisse mon père s'affaisser contre le pilier et jeta l'arme à ses pieds. Puis il commença à tirer des explosions d'énergie dans toutes les directions, les chaises, les murs, les comptoirs, tout prenant feu. Je fut jeté de ma chaise par une explosion proches, et roula sur le sol.

L'explosion envoya du bois et du verre dans les airs, secouant la pièce. En quelques battements de coeur, Steelheart avait causé suffisamment de destruction pour faire passer les meurtres de Deathpoint insignifiants. Steelheart dévasta la pièce, abattant les piliers, tuant toutes les personnes qu'il voyait. Je ne suis pas sûr de comment j'ai pu survivre, rampant sur les éclats de verre et de bois, le plâtre et la poussière pleuvant autour de moi.

Steelheart laissa s'échappa un cri de rage et d'indignation. Je pouvais à peine l'entendre, mais je pouvais le sentir faire voler en éclat les fenêtres restantes, faisant vibrer les murs. Puis quelque chose se diffusa de lui, une vague d'énergie. Et le sol autour de lui change de couleur, se transformant en métal.

La transformation se répandit à travers toute la pièce à une vitesse impressionnante. Le sol en dessous de moins, le mur derrière moi, les morceaux de verre sur le sol, tout se transforma en acier. Ce que l'on apprit ce jour-là, c'est que la rage de Steelheart transforme les objets inanimés autour de lui en acier, mais qu'elle épargne les choses vivantes et ce qui les entourent.

Le temps que le cri s'estompe, presque tout l'intérieur de la banque avec été complètement changée en acier, bien qu'une large partie du plafond soit encore faite de bois et de plâtre, de même qu'une section de l'un des murs. Steelheart s'élança soudain dans l'air, traversant le plafond et plusieurs étages pour sortir à l'air libre.

Je m'effondrai auprès de mon père, espérant pouvoir faire quelque chose, quoique ce soit pour faire stopper cette folie. Quand je fut près de lui, il avait des spasmes, le sang couvrant son visage, saignant d'une plaie par balle sur la poitrine. Je m'accrochais à son bras, paniqué.

Incroyablement, il arriva à parler, mais je ne pouvais pas entendre ce qu'il me disait. J'étais complètement sourd à ce moment. Mon père se tendit, une main tremblante touchant ma joue. Il dit autre chose, mais je ne pouvais pas l'entendre.

J'essuyai mes yeux avec ma manche, puis essayait de tirer sur son bras pour le relever et l'emmener avec moi. Le bâtiment tout entier tremblait.

Mon père attrapa mon épaule, et je le regardai, des larmes pleins les yeux. Il prononça un seul mot, un que je pouvais reconnaître au mouvement de ses lèvres.

"Go".

Je compris. Quelque chose d'énorme venait d'arriver, quelque chose qui exposait Steelheart, quelque chose qui le terrifiait. C'était un Epic récent à ce moment-là, pas très connu en ville, mais j'avais entendu parler de lui. Il était supposé être invulnérable.   

Ce coup de feu l'avait blessé, et tout le monde l'avait vu faible. Il n'y avait aucune chance qu'il nous laisse en vie, il devait préserver son secret.

Les larmes coulait sur mes joues, me sentant d'une lâcheté absolue de laisser mon père, je me retournai et couru. Le bâtiment continuai à trembler sous les explosions, les murs craquaient, des sections du plafond tombait. Steelheart essayait de le faire s'effondrer.

Certains personnes courraient vers les portes de devant, mais Steelheart les tuai depuis en haut. D'autres courraient vers les portes latérales, mais elles ne le dirigeaient que plus profondément dans la banque. Ces personnes furent écrasée quand le plus gros du bâtiment s'effondra.

Je me cachais dans le coffre.

Je souhaiterai pouvoir affirmer avoir été intelligent de faire ce choix, mais je n'ai fait que me retourner. Je me rappelle vaguement ramper dans un coin sombre et me rouler en boule, pleurant alors que le reste du bâtiment s'effondrait.

Comme la plupart de la pièce avait été transformée en métal par la rage de Steelheart, et que le coffre était déjà en acier, ils ne s'effondrèrent pas comme le reste du bâtiment.

Des heures plus tard, je vu sorti de ce carnage par un sauveteur. J'étais étourdi, à peine conscient, et la lumière m'aveuglait alors qu'on me libérait. La pièce avait partiellement coulé, penché sur un côté, mais elle était encore étrangement intact, les murs et presque tout le plafond maintenant fait d'acier. Le reste du bâtiment n'était que décombres.

Le sauveteur murmura quelque chose à mon oreille. "Prétend d'être mort". Puis elle me transporta vers une ligne de corps et posa une couverture sur moi. Elle avait deviné ce que Steelheart ferait au survivants.

Une fois que fut repartie à la recherche d'autres survivants, je paniquais et rampait de sous la couverture. Il faisait noir là dessous, même si c'était la fin de l'après-midi. Nightwielder était sur nous. Le règne de Steelheart avait commencé.

Je tombais et boitait dans la ruelle. Cela sauva ma vie une seconde fois. Quelques instants après que je me sois échappé, Steelheart revint, flottant au dessus des lumières de secours et atterrissant sur les décombres. Il portait quelqu'un avec lui, une fine femme avec les cheveux en chignon. J'apprendrai plus tard qu'il s'agissait d'une Epic nommé Faultline, qui possède le pouvoir de déplacer la terre. Bien qu'elle défierai un jour Steelheart, elle le servait à ce moment-là.

Elle agita la main et le sol commença à trembler.

Je m'enfuis, confus, effrayé, peiné. Derrière moi, le sol s'ouvrit, avalant les restes de la banque, avec le corps des morts, les survivants qui recevaient des soins médicaux, et les sauveteurs eux-mêmes. Steelheart ne voulait laisser aucune preuve. Il demandait à Faultline de les enterrer sous des centaines de mètres de terre, tuant tous ceux qui pourrait éventuellement parlait de ce qui s'était passé dans cette banque.

Sauf moi.

Plus tard cette nuit, il effectua la Grande Transformation, une impressionnante démonstration de pouvoir par laquelle il transforma la plupart de Chicago - bâtiment, voiture, rues - en acier. Ce qui inclus une large portion du lac Michigan, qui devint étendue vitreuse de métal noir. Ce fut là qu'il construisit son palais.

Je sais plus que quiconque qu'aucun héros ne viendra nous sauver. Il n'y a pas de bons Epics. Aucun d'entre eux ne nous protège. Le pouvoir corrompt, et les pouvoirs absolus corrompent totalement.

Nous vivons avec eux. Nous tentons d'exister malgré eux. Une fois que le Capitulation Act vu promulgué, la plupart des gens arrêtèrent de combattre. Dans certaines régions que nous appelons maintenant les Etats Fracturés, l'ancien gouvernement n'a plus que marginalement le contrôle. Ils laissent les Epics faire ce qui leur plait, et tente de continuer telle une société brisée. La plupart des endroits sont dans le chaos, sans aucune loi.

Dans quelques endroits, comme Newcago, un seul Epic dirige tel un tyran. Steelheart n'a pas de rivaux ici. Tout le monde sait qu'il est invulnérable. Rien ne peut le blesser : ni les balles, ni les explosions, ni l'électricité. Durant les premières années, d'autres Epic tentèrent de le faire tomber et de réclamer son trône. Faultline en fut tentée.

Ils sont tous morts. Il est maintenant très rare que l'un d'entre eux s'y essaye.

Cependant, s'il y a un fait que nous pouvons retenir, le voici : tous les Epic ont un point faible. Quelque chose qui invalide leurs pouvoirs, quelque chose qui le retransforme en personne ordinaire, même que pour quelques instants. Steelheart n'y fait pas exception, les évènements de ce jour dans la banque le prouvent.

Mon esprit conserve cet indice de comment Steelheart peut être tué. Quelque chose au sujet de la banque, de la situation, du pistolet, ou mon père a été capable de neutraliser l'invulnérabilité de Steelheart. Beaucoup d'entre vous ont probablement vu la cicatrice sur la joue de Steeheart. Et bien, pour autant que j'en sache, je suis la seule personne encore en vie qui sait comment il l'a eue.

J'ai vu Steelheart saigner.

Et je le verrai saigner de nouveau.

Source - Texte traduit par François