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#1 05-08-2011 12:37:37

François
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Warbreaker
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Warbreaker

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Je rappelle que ce topic est en rapport avec le site et la fiche du livre, il est donc interdit d'y dévoiler des informations importantes, même avec l'option "spoiler".

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#2 08-08-2011 16:31:24

Rikka
Marchombre
The Way of Kings
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Re : Warbreaker

Infâme coupable d’un nombre conséquent de nuits écourtées, voici un tome unique écrit entre Elantris et Fils des Brumes rassemblant de fait, beaucoup de chacun. Non pas que Warbreaker soit un pâle remake de ces deux œuvres (dans ce cas là, ce serait alors Fils des Brumes qui s’inspirerait de Warbreaker tongue), mais plutôt qu’il est très intéressant de noter le fait que Sanderson aime à créer un nouveau roman en effectuant un certain nombre de petits clins d’œil à ses productions précédentes, dans une ambiance, une mélodie de fond finalement similaire. On s’aperçoit alors que si l’auteur a pu écrit des séries/tomes uniques différents, une base conséquente demeure sensiblement constante, comme une marque de fabrique, une signature aisément identifiable.

Pour les adeptes de Sanderson donc, pas de grand dépaysement mais plutôt le plaisir de replonger avec délice dans son univers, avec ses codes propres, et ses réflexions centrales (le culte religieux à la pointe de l’épée). Pour ceux qui aimeraient se lancer, Warbreaker, à l’image d’Elantris, offre une belle alternative pour connaitre cet auteur via une œuvre courte qui pose les bases de son style, sans toutefois être aussi développée que les cycles qu’il a pu écrire par la suite. A l’image d’un repas, Warbreaker est un savoureux – et somme toute conséquent – apéritif : il permet de se faire une idée des talents culinaires littéraires de l’auteur, amorce l’entrée du plat de résistance, peu se suffire à lui-même si l’essai n’est pas transformé et permet en même temps aux gourmands de s’attabler, attendant avec impatience la suite des réjouissances. 

Maïté Brandon Sanderson nous offre donc ici un récit solide, bien pensé, surtout connaissant la manière particulière suivant laquelle il a été rédigé. Nous suivons plusieurs personnages atypiques tel que l’auteur aime à les construire, parmi lesquels Siri – qui n’a pas été sans me rappeler Vin de Fils des Brumes –  une jeune princesse insouciante qui n’aspire qu’à passer inaperçue et qui se retrouve, en quelques battements de coeur, jetée en pâture dans un univers déroutant, et surtout, à ce fameux God King, une figure qui terrifie la population par sa puissance, faisant l’objet d’un culte aussi profond que labyrinthique et qui ne sera pas sans créer la surprise. Ajouté à cela un Dieu de la Bravoure ne cessant de remettre en cause son propre statut et blasphémer à tout bout de champ (indéniablement mon coup de cœur du livre coeur ), Vasher, un mystérieux personnage accompagné d'une épée à la langue bien pendue ( ironique ) qui semble en savoir bien plus que ce qu’il n’en dit, Vivenna, une princesse formée à l’art de la cour depuis son âge le plus tendre – découvrant par la suite entre mots et réalité, un fossé – et enfin deux mercenaires qui vous feront renouer de solides liens avec les couches Pampers lol

Pour rebondir sur ce tout dernier aspect, je dirai que si Warbreaker ne déroute pas du style Sanderson par sa tournure, il accueille toutefois un élément moins présent dans les autres œuvres, à savoir l’humour. Ce dernier vient principalement de Lightsong, ce Dieu qui n’a de cesse de questionner la religion dont il est l’objet, qui trouve qu'ennuyer et exaspérer aussi bien ses prêtres, ses servants que les autres divinités de la cour est la meilleure distraction au monde, qui cache derrière ce cynisme excessive le malaise de vivre aux dépens d'un peuple pour qui il ne peut malheureusement rien. D’autre part, on trouve également lot  de situations cocasses engendrées par les interactions entre Siri et Susebron (The God King) ou bien via ces deux mercenaires à l’humour aussi tranchant que leurs dagues (je vous défends de ne pas les adorer lol ). Bref énormément de rire à la clé big_smile

Un petit mot sur la forme de magie mise en place dans ce tome. A première vue, ce concept de Souffle qui utilise les couleurs et leur luminosité pour commander toute sorte d’objets – allant d’un foulard vers les corps des défunts – revêt tous les aspects d’une Fantasy classique, et ce n’est pas moi qui vais contredire ce fait. Toutefois, de là est réellement née la surprise, et si j’ai adoré l’histoire –  parce que ce que arrêtons de nous mentir, tout ce que peut écrire Sanderson me fait vibrer ange embaras04 ironique – l’utilisation qui est faite de ce concept magique est formidable. En se focalisant sur les couleurs contenues dans les objets les plus quotidiens, l’auteur s’emploie à nous faire redécouvrir les beautés simples que comporte l'ici et maintenant, nous amenant à regarder d’un œil neuf les moindres éléments qui nous entoure (la nature en priorité). Ainsi, à l’opposé de Fils des Brumes qui met en scène un monde où le gris et le noir sont des maitres mots, c’est ici un univers bigarré, aux teintes exacerbées dans lequel nous sommes plongés. Cela n’a pas été sans me rappeler Le Parfum de Patrick Suskind, qui développe de manière extrême tout ce qui a trait à l’odorat, sauf qu’ici, il s’agit du visuel, des subtilités des mélanges picturaux, des nuances, de la luminosité,… Bref, manière de dire qu’on en prend plein la vue. J’ai adoré !

Puis crotte quoi, il faut l’avouer, Sanderson distille dans ses romans une soupe magique qui transforme le lecteur en une espèce de drogué disséquant son bouquin en quête cette dose quotidienne qu’il prélève dans chaque ligne et ceci, jusqu’à la dernière. Je ne sais pas si la formule fonctionne pour tout le monde, mais le fait est que je suis totalement vulnérable à sa magie. Et puis tous ces questionnements sur la religion, la croyance, l’espoir, la vénération… qui peuplent chacune de ses créations sont fascinants, et toujours abordés selon des points/aspects différents propres à l’intrigue développée. Un délice !
   
A consommer sans modération ! big_smile


Les montagnes ne vivent que de l'amour des hommes. Là où les habitations, puis les arbres, puis l'herbe s'épuisent, naît le royaume stérile, sauvage, minéral ; cependant, dans sa pauvreté extrême, dans sa nudité totale, il dispense une richesse qui n'a pas de prix : le bonheur que l'on découvre dans les yeux de ceux qui le fréquentent - Gaston Rébuffat

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#3 24-11-2012 12:58:22

Ariane
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Re : Warbreaker

Avec un peu de retard, je livre ici mes impressions dans le premier but de faire pousser un hurlement de joie à Mlle Rikka : l'esprit de contradiction abdique et l'ironie laisse tomber le masque : j'ai adoré ce livre big_smile

Pour situer un petit peu : bien que les réflexions et les manoeuvres politiques s'étendent à une plus grande échelle, le cadre a pour spécificité d'être presque entièrement centré sur une seule cité, comme l'annonce la carte du début du livre. Même si certains destins vont rapidement se jouer dans la vie des rues, l'histoire est à l'origine celle de personnages nobles : princesses, rois, dieux et déesses ; une bonne partie du livre se nourrit des intrigues de la cour ; et le dilemme initial du père de Vivenna prend des intonations très Shakespeariennes à mes yeux.

Au départ, j'ai eu un peu de mal avec le style, très simple, très objectif. C'est étonnant pour un auteur qui se délecte à écrire de savoureux dialogues, de nous livrer une narration aussi neutre. En même temps, je sortais tout juste de Terry Pratchett, aussi mon appréciation a sûrement été largement influencée.
Et puis finalement, ce style sert bien l'histoire. Les aspects presque scientifiques de la magie développée apparaissent limpides. L'auteur décrit des sentiments, des idées, des modes de pensées variés dont il sait transmettre l'authenticité, tout en gardant presque en permanence le recul nécessaire pour porter un regard réfléchi sur cette diversité.
Les dialogues sont succulents tongue si l'humour mercenaire ne m'a pas plus conquise ou étonnée que cela (par moments, il ne me semble pas si différent de l'humour carabin, ou en tout cas l'humour carabin de mes amis et moi, notamment dans ce stage de médecine légale...), j'ai savouré les délicieux traits de Chanteflamme (dont le panel de répliques peut s'étendre des plus fines réparties à "blablabla, oui, je sais" lol ; sa finesse et sa désinvolture le rendent charmant smile ), surtout dans ses échanges avec la déesse Tissepourpre qui bien qu'elle ne soit pas à sa hauteur possède un charme et une assurance propres.
Pour le reste du style, j'ai buté sur certaines répétitions flagrantes mais heureusement rares, et j'ai l'impression d'une erreur sur un nom à un moment... je ne sais pas trop dans quelle mesure cela appartient à l'auteur ou à la traductrice (sorry Mickuss embaras04).

Sur le fond, j'ai été séduite par la finesse d'exposition de la réflexion sur la guerre et ceux qui s'y préparent, la tolérance, la religion ; et également par les approches houleuses de Vivenna quant au fait de juger son prochain. L'opposition entre cités est très bien amenée, nette et tranchée mais sans paraître du tout manichéenne aux yeux du lecteur qui bénéficie de tous les points de vue. Rien n'est tout blanc ou tout noir : on a deux royaumes faits de nuances de gris en négatif l'un de l'autre, sur un axe austérité-extravagance qui permet une bonne neutralité du lecteur (toujours variable et relative) : l'un et l'autre sont attachants, l'un et l'autre portés à l'excès sont repoussants.

Je pense que ce que j'ai le plus aimé, c'est la justesse (à mes yeux) des émotions des personnages, et notamment de ces deux princesses que l'on suit. Leur évolution est douce et progressive ; on évolue avec elles, et vers la fin elles se révèlent chacune sortie de sa chrysalide ; rien de très original, mais si bien amené smile.

Pour ce qui est des péripéties, l'auteur sait surprendre et se jouer du lecteur demon. Je ne peux m'extasier sur les points qui m'ont le plus plu dans ce livre sans dévoiler un pan essentiel de l'intrigue. En tout cas, c'est la toute première fois que j'ai pleuré devant un livre, non pas sous l'effet de la tristesse ou je ne sais quelle autre passion, mais simplement sous l'effet de la tendresse.

La magie nous emporte loin, très développée, suffisamment construite et suffisamment inconnue pour ressembler en tout point à l'une de nos sciences. Le style limpide de l'auteur permet de partir assez loin dans l'abstrait, mais un abstrait étayé d'images, fort du ressenti des personnages et de la modification de leurs perceptions. Les souffles nous emportent smile

J'ai été touchée par la qualité des images évoquées : l'oreille absolue, la vision colorée absolue. Et tout cela, associé à la délicatesse des émotions décrites, me donne l'impression que l'auteur, quant à lui, a su développer une compréhension toute aussi fine et absolue des nuances de sentiments et d'émotions.
coeur

Dernière modification par Ariane (24-11-2012 13:01:58)

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